C’est à 19 ans seulement que Loui lit son premier manga au travers de quelques scans de One Piece. Pour ce jeune franco-ghanéen, c’est plus qu’une révélation. Avide de contes et de légendes depuis qu’il est enfant, il n’a eu de cesse de vouloir lire et raconter des histoires. Le manga, qu’il prend comme une « claque visuelle et narrative », est le meilleur moyen pour lui de transmettre ses histoires et partager son univers. Il quitte le Ghana pour rejoindre une école de manga à Toulouse et part explorer la culture populaire du Japon. En autodidacte, il côtoie inlassablement les conventions, observe et se forme auprès de plusieurs dessinateurs et mangakas tout en tentant de rattraper son retard en dessinant encore et toujours.
Pour sa première réalisation, Red Flower Stories, il fait le choix de l’autopublication grâce à une plateforme de financement participatif. L’œuvre, sortie entre 2019 et 2020, trouve un grand succès auprès du public et permet au jeune dessinateur de se faire remarquer par la maison d’édition Glénat avec qui il signe une suite. Red Flower Stories, compilation de courtes histoires présentant plusieurs personnages, pose les prémices de RedFlower qui sera publié en 2023. « C'est une conjonction de ces facteurs de chance, mais aussi de travail acharné, parce qu'à mon arrivée en France, j'ai bossé 10 à 12 heures par jour, le dessin pour m'améliorer, créer mon réseau, partager mon travail, agrandir ma communauté... ça ne s'est pas fait tout seul non plus. »
« Le manga est la meilleure manière de faire ressortir toute l’énergie qu’ont (ses) personnages et (son) univers qui est très inspiré des contes et des légendes ouest-africaines. C’est une narration très dynamique, très musicale dans le récit, qui permet de faire ressortir tous ces côtés-là parce qu’on ressent l’énergie et la vie qu’il y a dans les personnages. » « Pour moi, le manga est un art complet qui permet d’avoir l’intégralité des émotions qui s’expriment. Une planche, surtout muette, a énormément de puissance : pour moi, il y a plus d’impact dans un manga muet, par rapport aux autres médias. Sur un roman, je trouve que parfois les images manquent. J’ai dessiné des histoires muettes, ce qui m’a aussi appris l’importance et l’impact d’un simple regard. »



